Je m'étire, sur le lit, telle une liane qui ondule et parfume tes yeux où je lis la braise qui luit et se languit...
Je te laisse me déshabiller, me « désenrubanner »,
et je t'incite à t'étendre, à contre sens, aux limites
de mon indécence.
Sois l'interprète de ma chanson, l'archet de mon instrument, dépose tes notes sur ma partition, fais de mon corps ton quatuor, de mes reins un joli refrain,
fais de mes envies ta propre mélodie et de mes hanches,
tes notes blanches...
Accorde-moi, caresse-moi dans la mesure,
rends-moi folle de tes bémols, absorbe-moi dans tes soupirs, suave-moi de tes octaves... abreuve-moi de ton œuvre...
Deviens le capitaine du bateau que je suis, ancre-moi ou
hisse ma voile puis, tel le pirate, prends ton essor, serre-moi fort, viens chercher le trésor de mon corps qui se tord ... accoste en moi, je te donne la riposte pour libérer ma chaire assoiffée et sans chemin détourné,
tombe dans le précipice de mon calice, enivrons-nous de ces délices...là, où tes doigts se glissent ...
Paraphe-moi de ta sève entre mes seins, croque-moi de ton fusain, je t'offre un beau dessin, celui de la chute de mes reins.
Larguons tout notre amour dans la danse du feu, laissons-nous descendre dans ses flammes du plaisir, brûlons nos ailes aux portes de la jouissance...
Je te donne ma vie, elle t'appartient.